"Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin"
Antoine de Saint Exupéry
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Fridtjof Nansen 1861-1930
Voilà déjà pas mal d'années, j'ai acheté un beau livre ancien, daté de 1897 : "Vers le pôle, d'un certain F. Nansen". L'aventure racontée dans ce livre m'a totalement fasciné. Depuis, je suis persuadé que certains hommes ne sont pas faits de la même matière que nous, les humains...
Fridtjof Nansen est né en Norvège, près d'Oslo en 1861. Pendant ses études de zoologie, il participera à une campagne de chasse à la baleine en arctique qui bouleversera sa vie. Après quelques années passionnantes mais routinières au muséum d'Oslo, il organise et réussit sa première expédition dans le grand nord: la première traversée est ouest du Groenland à ski, soit la bagatelle de 500km par -45 degrés. Il en profite pour étudier les peuples eskimos et leurs coutumes.
Revenu au pays, jouissant désormais d'une certaine renommée, il échafaude un nouveau projet plus ambitieux: la conquête du pôle, mais avec une idée nouvelle: se laisser prendre par la banquise, puis dériver jusqu'au pôle.
Il construit alors un bateau révolutionnaire, le Fram: celui ci est prévu pour résister aux pressions intenses de la glace, sa forme lui permet d'être soulevé par cette pression. L'intérieur n'est pas en reste, prévu pour garantir la survie d'un équipage pendant de longues années d'hivernage.
En 1883, il appareille, et se retrouve pris par la glace au nord est de la Sibérie. La première année (!), verra une dérive irrégulière tant pas sa direction, que par son intensité. Tantôt le pôle s'approche, tantôt il s'éloigne. L'équipage en profite pour s'aguerrir aux conditions extrêmes, et Nansen pour construire Kayaks et traîneaux. Pendant le deuxième hivernage, la glace s'amoncelle autour du bateau, quasiment enseveli sous la banquise. Le bateau n'est plus distant que d'un peu plus de 800 km du pôle, mais Nansen comprend le peu de chances qu'il a de s'en approcher plus près ainsi. Il décide alors, avec un de ses adjoints, de partir en traineau à chiens, portant bagages, nourritures et kayaks, afin de tenter de conquérir ce fameux pôle Nord. Il s'en approchera plus que n'importe qui d'autre à cette époque, mais échouera. Demi tour, mais bien sûr pas question de retourner au bateau...qui change de position chaque jour à cause de la dérive !!! Le conditions de retour de Nansen et de son ami Johansen sont épiques. Toute la science de la survie apprise chez les eskimos va les sauver. Partis à l'aventure en mars 1895, il retrouveront une expédition scientifique que le 28 mai 1896, soit plus d'une année en milieu hostile, et isolés du monde.
1 an et trois mois.... habitués à nos aventuriers héliportés, GPS isés et téléphonisés, c'est difficile à imaginer pour nous....
Le Fram, lui, aura continué sa dérive et sera libéré des glaces en juillet 96.
Le retour est triomphal, tout le monde est sain et sauf, et même si le pôle n'a pas été atteint, les enseignements seront nombreux.
Mais la carrière de Nansen et du Fram ne s'arrête pas là: le Fram sera le bateau d'Amundsen, lors de sa conquête du pôle sud (j'ai eu la joie de le visiter à Oslo, quelques temps après la lecture du livre- émotion garantie!).
Nansen devient ambassadeur de Norvège, puis délégué à la société des nations, ancêtre de l'ONU. Au sein de celle ci, il devient le premier haut commissaire aux réfugiés.
En 1922, il crée le "passeport Nansen" qui permet aux personnes "déplacées" de retrouver une identité. Pour cette action, il recevra le prix Nobel de la paix en1922.
Un homme hors du commun disais je.....
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Publié le 21/03/2008 à 09:07, dans les pionniers, Mots clefs : nansen, pôle |
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Alexandra David Néel (1868-1969)
Il y a des pionniers mais aussi des pionnières. Et parmi celles ci, la française Alexandra David Néel est en bonne place...
Sa vie est un roman, une légende. Si elle avait été américaine, nul doute qu'Hollywood se serait emparé de son destin.
A chaque bout de sa longue vie, deux symboles: à 2 ans, première fugue, à 100 ans passés, renouvellement de passeport, avec un nouvel espoir de voyage!
Alexandra nait d'une famille bourgeoise et austère. Mais son père est ami de Victor Hugo (qui prendra sur ces genoux cette petite effrontée) et du géographe anarchiste Elisée Reclus (pour la petite histoire, je vous parlerai sans doute un jour de la fabuleuse famille Reclus, dont les cinq frères, scientifiques et voyageurs, ont leur article dans le Robert des noms propres!)
Inspirée par les idées anarchistes , elle marque très rapidement son souci d'indépendance et de liberté: fugues à répétition, fréquentation des milieux féministes. Adolescente, elle "s'enfuit" en Angleterre, et à 18 ans, toujours sans l'aval de ses parents, en Espagne, à bicyclette ( en 1886 !!). A sa majorité (21 ans à l'époque) elle quitte ses parents, étudie les langues et philosophies orientales, écrit un livre à sensibilité anarchiste, rentre dans les sociétés secrètes, vit en union libre et devient chanteuse lyrique de renom....!!!
Et les voyages? A 22 ans elle part en Inde puis au Maghreb. A 31 ans , elle épouse Philippe Néel, qui l'aidera toute sa vie, malgré une vie conjugale inexistante. En 1911, elle part à nouveau en Inde, assurant à son mari être de retour quelques mois plus tard: son périple durera... 14ans!!
Elle se lie d'abord d'amitié avec le souverain du Sikkim, petit royaume Himalayen et parcourt les monastères bouddhistes. Elle y rencontre un jeune lama, Aphur Yongden, qu'elle "adoptera" et qui la suivra tant qu'il sera vivant. Après une période "recluse" dans une grotte et un apprentissage auprès des plus grands érudits locaux, elle tente de rentrer au Tibet, alors interdit, et se fait expulser. C'est alors la guerre en Europe. Elle décide donc de séjourner au Japon, où elle rencontre un moine japonais qui a réussi à pénétrer au Tibet, déguisé. Elle traverse ensuite la Chine, la Mongolie et enfin, déguisée elle aussi en mendiante, elle entre en 1920 à Lhassa, en compagnie de son fils adoptif: c'est la première femme occidentale à pénétrer à Lhassa.
Elle rentre ensuite en France et se fixe à Digne les bains, dans les alpes du Sud où elle s'installe dans "sa grotte spirituelle", une maison qu'elle gardera toute sa longue vie. Elle y écrira de nombreux livres.
Mais sa vie aventureuse ne s'arrête pas là: en 1937, à presque 70ans, elle retraverse l'Europe puis se rend en Chine où elle se retrouvera en plein coeur de la terrible guerre sino-japonaise. Avec des moyens de fortune, elle erre en Chine et y apprendra la mort de son "fidèle" mari, qu'elle appellera son seul ami.
Elle se réfugiera en Inde, rentrera en France régler la succession de son mari et se retirera à Digne. Là elle se consacre à nouveau à l'écriture et aux conférences. Son fils adoptif décédera bien avant elle en 1955.
J'ai eu l'occasion de visiter sa maison (Samten Dzong) à Digne et de rencontrer Marie Madeleine Peyronnet, celle qui l'a fidèlement servi lors de la fin de sa vie et qui est la gardienne du temple. Un grand moment d'émotion que cette visite que je vous encourage tous à faire. Le Dalaï Lama y viendra à deux reprises pour y honorer sa mémoire. Quelques années après sa mort, ses cendres seront immergées dans le Gange pour un dernier(?) voyage
site officiel : http://www.alexandra-david-neel.org/
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Publié le 9/03/2008 à 04:53, dans les pionniers, Digne-les-Bains Mots clefs : neel, david, alexandra, bouddhisme |
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Ibn Battuta, voyageur arabe, 1304 - 1369 ?
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Si je croise un jour l'esprit d'Ibn Battuta, je ne lui reprocherai pas d'avoir voyagé uniquement en monde musulman, oubliant le reste du monde. Comme pour se venger, le monde non musulman l'a ignoré et l'ignore toujours injustement....
Mais pour commencer, prononcez après moi le nom exact de notre voyageur :
Shams al-Din Abu 'Abdallah Muhammad ibn 'Abdallah ibn Muhammad ibn Ibrahim ibn Muhammad ibn Ibrahim ibn Yusuf al-Lawati al-Tanji, de son petit nom Ibn Battûta
Né en 1304 à Tanger, dans l'actuel Maroc, il va se lancer dès l'âge de 25 ans dans un périple extraordinaire : visiter la totalité du monde musulman. Il va ainsi parcourir la distance incroyable de 120.000 km, soit 3 fois le tour de notre terre et visiter l'équivalent de 44 pays actuels !!!
Petit exercice, prenez la carte du monde et suivez le...
L' Afrique du nord (1325), l'Egypte (1326), la Palestine et la Syrie (1326), Médine et la Mecque (1326), l'Irak et la Perse (1326-1327), l'Arabie du sud, le Yémen et l'Afrique orientale (1328-1330), l'Asie mineure et Constantinople (1330-1331), la Russie méridionale et l'Asie centrale (1332-1333), l'Inde musulmane (1334-1341), les Maldives et Ceylan (1342-1344), Sumatra et la Chine (1345-1346).
Après un retour à Tanger (1346-1349), il repartit en Andalousie (Grenade) et voyagea dans le royaume du Maroc et le Sahara (1349-1350), l'Afrique occidentale (1351-1353).
Il revint à Fès en 1353. Il écrivit un récit de voyage intitulé "Présent à ceux qui aiment à réfléchir sur les curiosités des villes et les merveilles de voyages." qui est plus connu sous le nom de "Rihla"
Notre ami Ibn Battuta est bien moins connu que Marco Polo, mais son périple fut beaucoup plus important. Je ne le connais que depuis peu, mais je pense qu'il fut l'un des plus grand voyageurs de tous le temps.
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Publié le 22/02/2008 à 07:12, dans les pionniers, Mots clefs : battuta, musulman |
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Roald Amundsen ( 1872-1928), explorateur norvégien
Monsieur Roald Amundsen... L'un de ceux qui font paraître bien pâles nos (certes courageux !) explorateurs, guidés par GPS, ravitaillés par hélico, avec toute une logistique prête à intervenir au moindre appel par téléphone satellitaire...
Jugez plutôt...
- A 25 ans, il participe à l'expédition menée par le belge Alexandre de Gerlache vers l'Antractique. Cette expédition sera la première à passer tout un hiver bloqué par les glaces polaires
- A 29 ans, il décide de tenter le passage du Nord Ouest, route maritime mythique passant de l'Atlantique au Pacifique au nord du Canada, dans un labyrinthe d'iles et de fjords souvent pris par les glaces. Il embarque avec 6 hommes d'équipage sur un "petit" bateau de moins de 30 m, la Gjoa. J'ai aperçu ce bateau dans le port d'Oslo, mais malheureusement, je n'y ai pas prêté attention à l'époque, ne connaissant pas l'épopée.. Son voyage va durer...3 ans !!!! Pris par les glaces en un endroit appelé désormais Gjoa Haven, il va attendre l'été suivant , sans que le bateau ne se dégage! Qu'à cela ne tienne, Amundsen et son équipe repasseront une année dans cet endroit totalement inhospitalier. Ils en profiteront pour apprendre les techniques de survie eskimo et accessoirement à repérer le pôle nord magnétique. Quand au bout de deux ans la glace les libère, Amundsen achève son périple au nord de l'Alaska, au niveau d'un comptoir de trappeurs. Soucieux de prévenir son entourgae, il fabrique un traineau en bois, et accompagné d'un éclaireur américain, se fait les 800 km en plein Alaska enneigé pour relier Fairbanks et envoyer un télégramme.... La renommé d'Amundsen est ainsi faite... Quand j'ai lu cet exploit il y a quelques années, raconté simplement dans son journal de bord, j'en suis resté..sur le cul, comme on dit!
- Mais Amundsen, n'en reste pas là: le pôle nord vient d'être conquis, c'est le pôle sud qui l'attire. En 1911, après des préparatifs habiles et secrets, il prend de vitesse l'expédition anglaise de Scott et atteint le pôle sud un mois avant Scott. Celui ci, arrivant au pôle et voyant le drapeau norvégien, sera totalement vexé et démoralisé et mourra avec ses compagnons de froid et d'épuisement pendant le retour. Amundsen avait pour lui son expérience, et surtout la pratique du traineau à chien. Scott, ne faisant pas confiance aux chiens s'aidera de poneys inadaptés...
- Amundsen continuera à parcourir les espaces polaires en bateau, en avion, et même en ballon, puisqu'il survolera ainsi le pôle nord en 1926, devenant le premier (et l'un des rares hommes à atteindre les deux pôles. Il mourra peu de temps après dans les glaces polaires, lors d'une expédition de sauvetage en 1928
J'ai, vous l'aurez compris, une énorme admiration pour Amundsen, son courage et sa ténacité. Je me dis par contre que c'était sans doute un homme d'une trempe rare... comme on en fait peu!
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Publié le 20/02/2008 à 01:11, dans les pionniers, Oslo Mots clefs : Amundsen, pôle, sud, nord |
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