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Plateau de Coscione: prononcez Cochonne (si...si!) C'est notre destination pour cette journée qui marque le retour (timoré) du beau temps. La ballade, répertoriée sur le guide Dakota dont j'ai déjà parlé fait très envie...
Après un petit déjeuner copieux, nous prenons la route, traversant des villages superbes aux noms évocateurs et "exotiques": Zoza, Serra di Scopamène. Puis la route, quasi déserte, s'élève jusqu'au Bocca de la Vacca, (col de la vache). Paysage de vallons boisés à perte de vue....Puis nous devons affronter 15 km de toute complètement défoncée. Difficile de croire que cette route qui mène au plateau de Coscione puisse être signalée sur tous les guides.... Je n'ose imaginer le nombre de familles qui vont se fourvoyer sur ce "chemin muletier" l'été prochain, si des travaux de réfection ne sont pas faits....
Après quelques frayeurs, nous arrivons à la petite chapelle San Pietro, lovée à l'orée d'un bois de hêtres. Non loin de là, un stèle commémore le "rassemblement des Leccia du monde" en 2002. 200 corses et non-corses portant ce nom ont bravé la route et sont venus fêter leur patronyme dans cet endroit bucolique.
La promenade à commencé en sous bois, et si nous nous sommes vite heurtés à un problème récurrent en Corse, l'absence de balisage, cela n'a pas gâché notre plaisir. Les vedettes du lieu, hormis un paysage montagnard en tout point superbe, sont les pozzines: ce sont des pelouses rases semi tourbeuses, entourées de torrents clairs habités par une espèce locale de truite. J'attendais de voir ces pozzines avec impatience, et je n'ai pas été déçu par ces petites pelouses "à l'anglaise" entourées d'eau courante limpide.
Comme partout en Corse, nous avons la demi-surprise de trouver là, au bord des torrents, des cochons sauvages. Plus loin, nous aurons d'ailleurs la totale, porcs, vaches et chevaux! Nous ne sommes décidément pas seuls, car nous croiserons, entre autres, des grands corbeaux, des linottes, venturons, bergeronettes, et le rare bruant fou. Par contre, nous ne croiserons aucun humain de la journée, bien que le GR 10 soit à 2 pas. Des névés sur le proche sommet de l'Incudine nous rappellent que le ski de fond est pratiqué ici pendant l'hiver. La Corse montre là une dimension bien différente de la Corse des plages mais tout aussi attractive.
Au retour, en voiture, nous faisons un crochet par le col de Bavella, afin de vérifier que les tartes aux chataignes sont toujours aussi bonnes. En fait elles sont meilleures!
Puis à Sainte Lucie, pendant l'apéro sur la place, nous retrouvons notre Antoinette de propriétaire. Je lui propose de payer la journée de plus dans la location, elle me répond qu'elle n'en a pas besoin, "vu qu'elle à déjà fait fortune ". Elle me raconte à nouveau l'histoire familiale, débutée modestement par un père pauvre mais travailleur, et qui aura lègué à ses descendants des biens qu'il a su faire fructifier.
Nous aurons ensuite le plair de connaître Santa, sa fille de notre génération, qui nous distille à nouveau quelques bonnes histoires corses. Sainte Lucie aura vraiment été l'étape que nous souhaitions! |