les mystères de miss terre
"Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin" Antoine de Saint Exupéry


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Au pays des baleines bleues



25 février 2005

Quand commence un voyage? Peut être dans l'avion. May et moi sommes en route pour le Mexique, pour un voyage de rêve "père-fille".
La semaine à venir nous verra passer notre temps sur les eaux bleues de la mer de Cortès, en compagnie de spécialistes de baleines bleues. Pour le moment, nous sommes en avion au dessus de l'Atlantique. La température extérieure est de -59°. J'ai bien fait d'amener des vêtements chauds.

26 février 2005 Los Angeles.

Nous passons notre escale dans un petit hôtel familial et intime, de 500 chambres, le Sheraton. Je suis réveillé à deux heures du matin. Le temps s'étire à en craquer. Le matin venu, nous louons un chauffeur pour visiter Hollywood, où se prépare la cérémonie des oscars, prévue le lendemain. Notre chauffeur est iranien, celui du bus hier Togolais. Où sont les américains?


Le temps de nous prendre pour des stars - ou plutôt des voyeurs de stars-, de faire un pélerinage à l'endroit où John Lennon a été assassiné et nous voici à l'aéroport pour aller vers Loreto, au Mexique. Cette fois, c'est un bébé avion, bimoteur de 30 places qui nous attend. En panne de batteries, nous devrons pousser l'avion...
Non, je blague, un branchement vers des générateurs suffira.
Survol de la campagne californienne, géométrique comme tous les Etats Unis, puis de la campagne mexicaine, désertique comme tout le Mexique. Arrivée à Loreto en plein coucher de soleil. Superbe.



27 février 2005 Loreto

L'équipe est au complet: A sa tête, un spécialiste réputé des baléines bleues, le franco-américain établi au Québec, Richard Sears.


Il est assisté de Christian, un jeune chercheur allemand. Trois touristes, un allemand amoureux des baleines, May et moi. Nous allons vivre chaque jour entre 10 et 12 heures dans une "baignoire à moteur" - dixit May, à traquer les baleines bleues qui viennent se reproduire dans les parages à cette période. Chaque baleine est photographiée par Richard, qui chaque soir compare les photos à sa banque de données. Voilà 25 ans qu'il passe les trois semaines propices à Loreto. Ses connaissances font merveille.
La première journée sera une journée fructueuse : une dizaine de baleines bleues, dont une avec un petit bébé d'une semaine (il ne pèse que 10 tonnes le petitou), 2 baleines à bosse, un troupeau d'une cinquantaine de dauphins, quelques otaries et raies manta.
Le tout dans un décor de rêve, mer bleue et montagnes pelées et déchiquetées.
Le soir, c'est le "matching" On étudie les photos. Les baleines bleues se reconnaissent à leurs taches, à peine visibles à l'oeil nu, mais contrastées par un logiciel photo. La maman d'aujourd'hui en est à son 4 ième veau (c'est le nom) au moins.
Après dîner, balade dans les rues poussiéreuses de Loreto. Odeur et lumière d'Afrique. Odeur du monde, sans doute.

1er mars

Aujourd'hui, beaucoup de vent et moins de baleines. La barque est secouée et nos dos sont en compote. Le rituel est immuable. Arrivés sur zone, nous stoppons le moteur, et chacun fait silence, scrutant l'horizon et surtout tendant l'oreille. Quand un souffle est entendu, c'est course de hors bord, puis photos sous toutes les coutures, avant que la baleine ne sonde (plonge). Seules 10% des baleines montrent leur queue en sondant.


Le soir, Richard reconnaîtra une vieille copine, qu'il connait depuis 20 ans.

2 mars

Superbe journée. Nous aurons pu approcher au plus près une baleine bleue et voir ainsi par transparence son corps gracile et musclé de 30 m de long.
2 nouveautés ce jour :

  • Le "caca" de baleine. Je ne m'étais jamais posé la question, mais oui, une baleine fait comme nous... Ses excréments sont bizarrement très petits, comme du crottin de mouton, et rouge comme le krill qui le compose. Voilà, c'est l'instant culturel...
  • Speedy rorqual, hipa hipa, la baleine la plou rapide dou Mexique: un jeune baleineau solitaire que nous avons eu du mal à suivre à pleine vitesse. Peut être effrayé par un banc d'orques signalé non loin de là

3 mars

Changement de décor: trop de vent, nous sommes donc restés à terre. J'en ai profité pour louer une voiture et aller à l'intérieur des terres, découvrir la mission San Javier, par 32 km d'un chemin de montagne superbe. Le paysage est...mexicain:

montagnes arides, maigre végétation, univers minéral. Nous nous attendions à être attaqués par les apaches, finalement pas si lointains!.
La mission était paisible, au creux d'un vallon verdoyant. Quelques maison autour d'une église blanche, typique. Revoyez donc les westerns des années 50 et vous y serez... Ambiance Rio Bravo...


Le soir, grand numéro de mime de Richard qui reçoit un ami, et à qui il raconte son voyage antarctique ( avec passage sur l'ile Eléphant, refuge extrême de l'expédition Schakelton). Richard, tout à son récit, mime avec justesse les éléphants de mer, manchots et morses rencontrés. Du grand art.

4 mars

Deuxième journée sans mer. Profitions en pour faite les touristes. Visite de Loreto, toujours très typique, mais avec une fâcheuse tendance, comme toute la Basse Californie Mexicaine, à devenir une station balnéaire américaine. Nous en profitons pour faire nos emplettes et découvrir la gastronomie locale : les tacos: vous prenez une petite crêpe de maïs, la fameuse tortilla, et vous la fourrez de multiples ingrédients :salade, guacamole, sauce, thon, avocat, etc... Le défi est de manger le plus vite possible afin que rien ne tombe sur vos genoux. Difficile...!
Le soir, je m'essaie au "matching", essayant d'identifier deux baleines parmi les 440 de la base de données. Raté, il me faudra revenir !!!!

5 mars

Dernière journée de mer, et la chance est avec nous, le vent est tombé. Si la journée est pauvre en baleines bleues (2 ou 3 jouant les stars et déjouant nos poursuites), le clou de la journée sera le ballet merveilleux de deux baleines à bosse dans un banc de Krill.
Nous avons pu assister de très près à toutes les techniques de chasse: côté à côte, face à face et même le criss-cross, les deux baleines se rejoignant perpendiculairement. La "bouche" grande ouverte, à demi sorties de l'eau, elles se sont offert un formidable festin sous nos yeux. Le clou de spectacle a été leur passage simultané sous le bateau. Frissons garantis !!!!


Nous avons pu aussi admirer le "vol" de raies manta - en fait elles nagent à la surface en battant des "ailes".
Sur le retour, nous croiserons un baleine que j'avais souvent remarqué sur l'ordinateur et facilement reconnaissable: "Machete", appelée ainsi à cause d'important morceaux de queue manquants.

6 mars

C'est le retour. Pourtant peu pressés de revenir, nous arrivons les premiers à l'aéroport de poche de Loreto. Le retour sera plus rapide, avec une courte escale à Los Angeles. Nous repartons évidemment conscients d'avoir vécu une semaine rare, les yeux plein de mer et de baleines, les oreilles encore emplies du souffle de ces cétacés


Publié le 24/02/2008 à 06:52, dans carnets de voyages, Loreto
Mots clefs : scientifiquebaleine
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HUMM LES PHOTOS DE MAY?

Ces magnifiques photographies, ces chef-d'oeuvres artisque...bon may c'est bon...Voilà juste pour dire que j'ai vu toutes les photos et si besoin JE N'HESITERAIS pas a m'en servir!!!...non je rigole quoi que les images de may et du jeune homme à côté d'elle dans l'avion pourrait faire un magnifique dossier quoi qu'un peu flou..Les excréments de baleines auraient pu etre très interressantes mais vu que QUELQU'UN était assis sur l'épuisette ce n'est pas possible...sniff
et bien merci encore pour un rappel internet de vos voyages.

Publié par charlotte à 04:52, 10/03/2008

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