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Juillet 2001
En famille, nous traversons la Croatie en camping car, avant de revenir vers l'Italie. Voyage de rêve.
La côte dalmate est superbe.
Pour aller à Sibenik, je choisis la route intérieure, plus directe que la côtière qui passe par Zadar.
Le premier village s'appelle Latinski Islam. Tout un programme.... La première maison ne semble pas achevée, la deuxième non plus.
Personne dans ce village rue...
Alors je comprends : ces maisons ne sont pas en cours de construction: elles sont détruites, sans doute à la grenade.
Toutes les maisons de ce village ont été méthodiquement détruites, éventrées. Je stoppe le moteur et descend. Le silence est pesant. Pas âme qui vive. Les jardins sont à l'abandon, mais la vie semble ne s'être arrêtée qu'hier, ou du moins avant hier.
Les portes et grilles sont entr'ouvertes. Voilà 10 ans que la vie s'est arrêtée, que la mort a frappé.
A la sortie du village, un monument aux morts avec des dizaines de noms de jeunes gens tués en quelques jours, 10 ans plus tôt.
Tout autour les champs sont minés, plantés de panneaux à tête de mort.
Le village suivant, Islam Grçki aura subi le même sort. Par contre, quelques maisons sont en cours de reconstruction, indiquées par des drapeaux croates fièrement exhibés. La vie reprend.... mais différemment
Ces deux villages avaient un millier d'habitants chacun. Leurs noms sont évocateurs de la mixité des populations qui y vivaient depuis des siècles : Latinski pour les catholiques, Islam pour les musulmans, Grçki pour les orthodoxes. Ils étaient fiers de ce brassage, qui avait résisté aux siècles et à une deuxième guerre mondiale pourtant difficile dans cette région. Ils étaient dans la même équipe de foot, avaient construit la même école primaire de leurs mains.
Désormais, les musulmans sont en Bosnie, les orthodoxes en Serbie et les croates sont tranquilles. Purement tranquilles.
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